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Seuils·9 min·

La lumière : nous ne sommes que lumière

« Que la lumière soit. » La première parole de la Genèse, la claire lumière des Tibétains, la lumière que rencontrent les témoins d'expériences de mort imminente — et la lueur infime que notre corps émet réellement. Physique, biologie, expérience, symbole : quatre façons de dire la même chose.

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Ce site porte un mantra : Nous ne sommes que lumière, et la lumière est éternelle.

Les deux livres de ce parcours s'ouvrent sur la même intuition. Le premier commence par une page intitulée « Lumière » : « Que la lumière soit » (Genèse 1:3), « nous vivons dans un univers composé d'ondes lumineuses », « nous sommes des êtres de lumière manifestés sous une forme physique ».

Il est temps, au terme de ce parcours sur les seuils, de prendre cette phrase au sérieux. Pas pour la réduire, ni pour l'exagérer. Pour voir ce qu'elle veut dire à chacun des niveaux où on peut l'entendre.

Cercles concentriques autour d'une source lumineuse, avec cinq formes de lumière : lumière visible, biophotons, lumière des EMI, Que la lumière soit, claire lumière tibétaine
Cinq lumières, quatre registres : physique, biologique, vécu, symbolique. Les distinguer permet de les relier sans les confondre.

La lumière physique

La lumière est une onde électromagnétique, et aussi un flux de particules, les photons. Ce que nos yeux perçoivent n'en est qu'une minuscule bande, entre le violet et le rouge.

L'un des livres affirme que « la lumière de basse fréquence se transforme en matière ». Formulée ainsi, l'affirmation est inexacte. Mais elle fait écho à une vérité profonde de la physique : matière et énergie sont deux formes d'une même réalité (E = mc²). Dans les accélérateurs de particules, des photons de haute énergie peuvent produire des paires de particules de matière. Et l'univers primitif était un bain de lumière avant que la matière ne s'en détache — la lumière la plus ancienne qui nous parvienne encore, le rayonnement fossile, date d'environ 380 000 ans après le Big Bang.

Le livre cite aussi Walter Russell (1871-1963), peintre et penseur américain, pour qui « la substance de toutes choses est la lumière ». Ses écrits relèvent de la métaphysique personnelle, pas de la physique. Mais l'intuition qu'ils expriment n'est pas absurde.


La lumière du corps

Voici un fait que peu de gens connaissent : ton corps émet de la lumière.

Toutes les cellules vivantes produisent une émission de photons extrêmement faible, liée aux réactions chimiques du métabolisme. En 2009, une équipe japonaise (Kobayashi et al., PLoS ONE) a réussi à photographier cette émission sur des volontaires, à l'aide de caméras ultra-sensibles, dans l'obscurité totale. Résultat : le corps humain brille réellement — environ mille fois trop faiblement pour être vu à l'œil nu. Le visage brille davantage que le reste du corps, et l'intensité varie au fil de la journée, plus faible le matin, plus forte en fin d'après-midi.

On appelle ces photons des biophotons. Certains auteurs leur prêtent des propriétés extraordinaires (communication entre cellules, « champ de lumière » de l'âme). Ces hypothèses ne sont pas démontrées. Le fait de base, lui, l'est : la vie s'accompagne de lumière.


La lumière vécue

Dans l'étude de van Lommel sur les expériences de mort imminente, près d'un témoin sur quatre décrit une communication avec une lumière. Les mots reviennent toujours : une lumière plus intense que tout ce qu'on connaît, et pourtant qui n'éblouit pas ; une lumière qui semble consciente, aimante, accueillante.

Les méditants de nombreuses traditions décrivent des expériences semblables dans les états profonds. Le bouddhisme tibétain parle de la claire lumière (ösel), la nature lumineuse de l'esprit, que l'on peut reconnaître dans la méditation, dans le sommeil profond, et au moment de la mort. Le Bardo Thödol enseigne que reconnaître cette lumière comme sa propre nature est la libération.

Les explorateurs de la sortie hors du corps et du rêve lucide rapportent, eux aussi, des rencontres avec une lumière d'une qualité particulière.

Ces récits ne prouvent pas une réalité au-delà du cerveau. Mais leur convergence, à travers les époques et les cultures, est l'un des faits les plus remarquables de l'expérience humaine.


La lumière symbolique

Enfin, la lumière est le plus universel des symboles spirituels.

  • « Que la lumière soit » — la première parole de la création (Genèse 1:3).
  • « En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres » (Jean 1:4-5).
  • « Dieu est la lumière des cieux et de la terre » — le célèbre verset de la Lumière du Coran (24:35).
  • Le Fiat lux des alchimistes, l'illumination du Bouddha, les Lumières de la philosophie.

Dans toutes ces traditions, la lumière désigne la même chose : ce qui permet de voir. Non pas un objet parmi d'autres, mais ce par quoi tous les objets apparaissent. Exactement comme ce qui observe n'est pas une pensée parmi d'autres, mais ce par quoi toutes les pensées sont connues.


Ce que signifie le mantra

Nous ne sommes que lumière, et la lumière est éternelle.

Au niveau physique, nous sommes faits d'une énergie dont la lumière est une forme. Au niveau biologique, notre vie s'accompagne, littéralement, d'une lueur. Au niveau de l'expérience, ceux qui ont approché les seuils parlent d'une lumière consciente. Au niveau symbolique, la lumière est la conscience elle-même, ce qui voit.

Aucun de ces niveaux ne prouve les autres. Mais ils se répondent. Et c'est peut-être cela, le chemin initiatique : apprendre à entendre la même phrase à tous les étages de l'être.


Pratique : la méditation de la lumière

  1. Allonge-toi ou assieds-toi dans l'obscurité. Trois respirations lentes.
  2. Imagine une petite lumière douce au centre de ta poitrine. Ne force rien ; laisse-la être une simple impression.
  3. À chaque expiration, laisse-la s'étendre légèrement : le torse, les bras, la tête, les jambes.
  4. Quand tout le corps semble baigné de cette lumière, laisse-la dépasser ses contours, emplir la pièce.
  5. Puis lâche l'image. Reste dans ce qui reste : la simple clarté d'être conscient.
  6. Avant de revenir, rappelle-toi le mantra, une fois, en silence.

Tu peux terminer ainsi chaque séance du protocole, qu'il y ait eu sortie ou non. Le dernier seuil n'est pas un lieu à atteindre. C'est une lumière à reconnaître.

Nous ne sommes que lumière, et la lumière est éternelle.


Pour aller plus loin

  • M. Kobayashi, D. Kikuchi, H. Okamura, « Imaging of ultraweak spontaneous photon emission from human body displaying diurnal rhythm », PLoS ONE, 2009.
  • P. van Lommel, Consciousness Beyond Life, 2010.
  • Sogyal Rinpoché, Le Livre tibétain de la vie et de la mort, 1992.
  • Genèse 1:3 ; Jean 1:1-9 ; Coran 24:35.
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